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Expo Nicolas Bouvier photographe à Montélimar

today29.09.2026 7

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Un écrivain voyageur derrière l’objectif

On connaît Nicolas Bouvier (1929 – 1998) pour ses livres. Le musée d’art contemporain de Montélimar montre l’autre moitié de son travail : la photographie.

Jusqu’au 31 octobre 2026, l’exposition Voyages au Levant réunit plus d’une centaine de tirages, pour la plupart jamais exposés, dont des tirages argentiques d’époque et des photographies en couleur. La grande majorité des images vient du Japon, où Nicolas Bouvier séjourne trois fois entre 1955 et 1970. On y voit des trains, des fêtes de rue, des lanternes, des lutteurs de sumo, des danseurs de butō, et quelques autoportraits.

Le parcours est découpé en huit sections. Des extraits de ses textes accompagnent les photos, et des enregistrements musicaux rapportés de ses voyages sont diffusés dans les salles. L’exposition est conçue par le photographe Nicolas Crispini, qui était aussi un ami de l’écrivain.

Elle a lieu dans le cadre de la treizième édition du festival Présence(s) Photographie, consacrée cette année à la photographie suisse.

De Genève à la passe de Khyber

Nicolas Bouvier naît le 6 mars 1929 au Grand-Lancy, près de Genève. Il étudie le droit, l’histoire médiévale et le sanskrit à l’université de Genève.

En juin 1953, il part de Belgrade avec son ami, le peintre Thierry Vernet, dans une petite Fiat Topolino. Les deux hommes traversent la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran et le Pakistan, jusqu’à Kaboul, où ils se séparent.

Nicolas Bouvier continue seul vers l’Inde puis Ceylan, l’actuel Sri Lanka, avant de rejoindre le Japon en octobre 1955.

« L’Usage du monde », le livre d’une vie

Il met dix ans à écrire le récit de ce voyage. L’Usage du monde paraît en 1963 à Genève, à compte d’auteur, illustré de 48 dessins de Thierry Vernet. Les ventes sont d’abord confidentielles. Le livre circule de main en main, se retrouve dans les sacs à dos, et devient au fil des rééditions une référence de la littérature de voyage en langue française. Il est aujourd’hui traduit dans de nombreuses langues.

La formule la plus citée du livre dit que c’est le voyage « qui vous fait, ou vous défait ».

Les autres grands titres

Chronique japonaise (1975) tire la matière de ses séjours au Japon, dont celui de 1964 et 1965, qu’il fait cette fois avec sa femme Éliane et leurs enfants. Le Poisson-scorpion (1982) revient sur les sept mois passés à Ceylan, malade et isolé, en 1955. C’est le livre le plus sombre de Nicolas Bouvier, et pour beaucoup de lecteurs le plus fort. Suivent Journal d’Aran et d’autres lieux (1990) et le recueil de poèmes Le Dehors et le Dedans.

En parallèle, il gagne sa vie comme iconographe, pour l’Organisation mondiale de la santé et pour les éditions Rencontre. Chercher des images pour les autres fait partie de son métier, ce qui éclaire sa manière de photographier.

En 1995, il reçoit le Grand Prix C. F. Ramuz pour l’ensemble de son œuvre.

Il meurt à Genève, à l’âge de 69 ans, le 17 février 1998. Ses textes sont réunis en 2004 dans la collection Quarto de Gallimard.

L’exposition arrive trois ans avant le centenaire de sa naissance, en 2029.

Pourquoi on l’aime sur Radiophare

Si vous aimez les récits de voyage et que vous n’avez jamais lu Nicolas Bouvier, c’est le moment. « L’Usage du monde » est un livre merveilleux qui ne risque pas de vous tomber des mains. Vous le relirez, l’offrirez à vos proches et il restera à tout jamais dans votre bibliothèque.

Infos pratiques

Musée d’art contemporain de Montélimar,
1 avenue Saint-Martin,
26200 Montélimar

Jusqu’au 16 octobre : mercredi, jeudi, vendredi et dimanche de 13h30 à 18h, samedi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h
Du 17 au 31 octobre : du mardi au dimanche, de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h

Nicolas-Bouvier-Japon-Autoportrait-et-statues-de-Boddhisatva-O-Djiso-Mont-Koya-vers-1956-detail-de-la-planche-contact-Collection-privee-Suisse-Copyright-succession-Nicolas-Bouvier
Nicolas Bouvier, Japon, Autoportrait et statues de Boddhisatva O-Djiso, Mont Koya, vers 1956, détail de la planche contact – Collection privée Suisse, © succession Nicolas Bouvier

 

 

Couverture Nicols Bouvier l'usage du monde Poche

Écrit par: Olivier AHR

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