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No Future #3 : Du Post Punk au Hardcore US

today27.09.2026

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    No Future #3 : Du Post Punk au Hardcore US Olivier A.


No Future #3 : Du Post Punk au Hardcore US

Au Royaume-Uni, le programme économique de Margaret Thatcher frappe de plein fouet un monde industriel vieillissant. Le chômage franchit la barre des trois millions en 1982, du jamais vu depuis les années 1930. En juillet 1981, les quartiers de Brixton à Londres et de Toxteth à Liverpool s’embrasent, en réaction aux tensions raciales et sociales accumulées.

C’est dans ce contexte que le Punk originel finit de se transformer en Post Punk, un courant plus sombre, plus expérimental, qui explore de nouveaux territoires sonores. Joy Division en est l’une des figures majeures, à Manchester, jusqu’à la mort de son chanteur Ian Curtis en mai 1980. Le groupe restant publie « Heart and Soul », extrait de l’album posthume Closer, un des disques fondateurs du genre. Killing Joke, à Londres, y ajoute une charge plus « indus » avec « Wardance ».

Au même moment, à des milliers de kilomètres de là, un autre chapitre s’écrit. En janvier 1981, Ronald Reagan devient président des États-Unis et impose un virage très conservateur et totalement assumé. Sur la côte Ouest, une nouvelle génération, souvent issue de banlieues aisées et blanches, retourne cette rigidité en colère musicale : c’est le Hardcore, plus rapide, plus court, plus brut que le Punk original.

À Washington D.C., Bad Brains, groupe afro-américain rastafari formé en 1977, invente une bonne partie du vocabulaire du genre. Dead Kennedys règlent leurs comptes avec la complaisance de la jeunesse américaine sur « Holiday in Cambodia », X documente le Los Angeles interlope avec « Johny Hit and Run Paulene », tandis que Minutemen (du nom des missiles balisitiques transcontinentaux US), trio de San Pedro emmené par D. Boon et Mike Watt, applique une éthique DIY radicale résumée dans leur formule « jam econo ». Descendents, eux, viennent de Manhattan Beach et inventent un Hardcore mélodique et autodérisoire qui posera les bases du Pop Punk des décennies suivantes.

Le mouvement, né dans un pays et une décennie précise, devient en quelques années une réponse internationale à des crises politiques distinctes mais parentes.

No Future #3 — 1979-1984 (25 titres, ~79 min)

Note:

Les pochettes ne sont pas un simple habillage technique. Dans le Punk, la « sleeve » d’un single ou d’un album fait autant partie du geste que la musique elle-même. Le photocopiage sauvage de Jamie Reid pour les Sex Pistols, les collages de lettres découpées dans la presse façon lettre anonyme, les fanzines tirés à la ronéo, chaque pochette est un manifeste visuel au même titre que le morceau qu’elle protège. Si vous écoutez cet épisode dans une application de podcast qui gère les chapitres, comme Apple Podcasts, chaque titre de « No Future » affiche sa propre pochette au fil de l’écoute. L’auditeur n’entend pas seulement l’histoire du Punk, il la voit défiler, titre après titre, telle qu’elle a été pensée et imprimée à l’époque.

 

Tracklist:

51. The Undertones — « You’ve Got My Number (Why Don’t You Use It?) » (1979)
52. Wire — « Outdoor Miner » (1979)
53. Angelic Upstarts — « Last Night Another Soldier » (1980)
54. Bad Brains — « Pay to Cum » (1980)
55. Bow Wow Wow — « C30, C60, C90 Go! » (1980)
56. The Chords — « Maybe Tomorrow » (1980)
57. Cockney Rejects — « I’m Forever Blowing Bubbles » (1980)
58. The Cramps — « Goo Goo Muck » (1980)
59. Dead Kennedys — « Holiday in Cambodia » (1980)
60. Department S — « Is Vic There? » (1980)
61. Devo — « Whip It » (1980)
62. Dexys Midnight Runners — « There There My Dear » (1980)
63. Hazel O’Connor — « Eighth Day » (1980)
64. Joy Division — « Heart And Soul » (1980)
65. Killing Joke — « Wardance » (1980)
66. Ruts — « Staring at the Rude Boys » (1980)
67. The Vapors — « Turning Japanese » (1980)
68. X — « Johny Hit and Run Paulene » (1980)
69. XTC — « Sgt Rock (Is Going To Help Me) » (1980)
70. Marionetz — « Ich Bin Ein T-Shirt » (1981)
71. The Stiffs — « Goodbye My Love » (1981)
72. Descendents — « Suburban Home » (1982)
73. Vice Squad — « Stand Strong Stand Proud » (1982)
74. Minutemen — « Political Song for Michael Jackson to Sing » (1984)
75. Public Image Ltd. — « This Is Not A Love Song » (1984)

 

Pochette du 45T des DeadKennedys "Holiday In Cambodia" (1980)Photo © Neal Ulevich. Cliché pris devant l'Université Thammasat à Bangkok, Thailande le 6 octobre 1976
Pochette du 45T des Dead Kennedys « Holiday In Cambodia » (1980) Photo © Neal Ulevich. Cliché pris devant l’Université Thammasat à Bangkok, Thaïlande le 6 octobre 1976

 


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