No Future #1 : Naissance du Punk (1977-1978)Olivier A.
No Future #1 : Naissance du Punk (1977-1978)
Le Royaume-Uni est surnommé alors « l’homme malade de l’Europe ». L’inflation dépasse les 15%, le chômage grimpe vers son plus haut niveau depuis la guerre, et le gouvernement travailliste de James Callaghan doit emprunter 3,9 milliards de dollars au Fonds Monétaire International pour éviter l’effondrement de la livre sterling. Les quartiers ouvriers de Londres, Manchester ou Belfast encaissent le choc en premier.
C’est dans ce climat que le Punk explose. Le 4 juillet 1976, les Ramones jouent au Roundhouse de Londres devant une salle qui compte, ce soir-là, une bonne partie des futurs fondateurs du mouvement britannique. Quelques mois plus tard, le 1er décembre 1976, l’interview télévisée des Sex Pistols sur la BBC tourne au scandale : les tabloïds s’emparent de l’affaire, et le Punk devient, du jour au lendemain, une affaire nationale.
Cet épisode revient sur cette année zéro : Sex Pistols et « Anarchy in the UK », The Clash et leur tout premier single « Janie Jones », les Ramones eux-mêmes avec « Sheena Is a Punk Rocker », Buzzcocks, Stranglers, et Penetration, menés par une des rares voix féminines de cette première vague, Pauline Murray.
Le mouvement n’est déjà plus seulement anglais. Dès 1976, The Saints, originaires de Brisbane en Australie, publient un des tout premiers singles punk au monde. À Dublin, The Radiators From Space posent les bases du Punk irlandais. Nina Hagen, elle, l’importe en Allemagne de l’Ouest dès 1978.
Ce qui unit ces groupes venus d’horizons différents, ce n’est pas un son unique mais un refus commun : refus du chômage de masse, refus du conformisme d’une société étriquée, refus d’un futur qu’on leur promet déjà fermé. Le Punk naît de la colère, joué en trois accords, enregistré vite, publié sur des labels indépendants montés à la va-vite dans des chambres de bonnes.
Note des rédacteurs:
Les pochettes ne sont pas un simple habillage technique. Dans le Punk, la « sleeve » d’un single ou d’un album fait autant partie du geste que la musique elle-même. Le photocopiage sauvage de Jamie Reid pour les Sex Pistols, les collages de lettres découpées dans la presse façon lettre anonyme, les fanzines tirés à la ronéo, chaque pochette est un manifeste visuel au même titre que le morceau qu’elle protège. Si vous écoutez cet épisode dans une application de podcast qui gère les chapitres, comme Apple Podcasts, chaque titre de « No Future » affiche sa propre pochette au fil de l’écoute. L’auditeur n’entend pas seulement l’histoire du Punk, il la voit défiler, titre après titre, telle qu’elle a été pensée et imprimée à l’époque.
Tracklist
Alternative TV — « How Much Longer » (1977)
The baNNed — « Little Girl » (1977)
Chartreuse — « You Really Got Me » (1977)
The Clash — « Janie Jones » (1977)
Eddie And The Hot Rods — « Do Anything You Wanna Do » (1977)
Gorillas — « Gatecrasher » (1977)
Neon Hearts — « Regulations » (1977)
The Now — « Development Corporations » (1977)
Penetration — « Don’t Dictate » (1977)
The Radiators From Space — « Enemies » (1977)
Ramones — « Sheena Is A Punk Rocker » (1977)
The Saints — « River Deep Mountain High » (1977)
Satan’s Rats — « In My Love For You » (1977)
Sex Pistols — « Anarchy In The UK » (1977)
The Snivelling Shits — « I Can’t Come » (1977)
Stranglers — « Peaches » (1977)
Tom Robinson Band — « 2-4-6-8 Motorway » (1977)
Trash — « Priorities » (1977)
Blondie — « Hanging on the Telephone » (1978)
Buzzcocks — « Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn’t’ve) » (1978)
Force 9 est l'émission rock de Radiophare — post-punk, brit-pop, indie, alternatif, garage. Une émission rock qui monte le volume le soir dès 16h et la nuit à partir de minuit, sept jours sur sept. Plus de 600 artistes, aucune concession.