No Future #2 - 1978-1979, le Punk se réinventeOlivier A.
No Future #2 – 1978-1979, le Punk se réinvente
1978, puis 1979. Le Royaume-Uni traverse son « hiver du mécontentement » : les éboueurs, les fossoyeurs, les infirmiers se mettent en grève, les ordures s’entassent dans les rues de Londres. En mai 1979, Margaret Thatcher est élue Premier ministre et referme, pour longtemps, la parenthèse du consensus social de l’après-guerre.
Le Punk, lui, ne reste pas figé dans sa formule initiale à trois accords. À Coventry, Jerry Dammers fonde le label 2 Tone et invente une réponse dansante à la montée du Front National britannique : bandes mixtes, rythmiques ska, discours d’unité raciale assumé. On la retrouve ici avec Specials et « Concrete Jungle ».
À Belfast, en plein conflit nord-irlandais, Stiff Little Fingers publie « Alternative Ulster », cri direct d’une jeunesse prise en étau entre l’armée britannique et les violences paramilitaires. Un peu plus au nord, à Derry, The Undertones choisit une autre voie, plus légère, avec « Teenage Kicks », titre que le programmateur radio John Peel qualifiera plus tard de meilleure chanson jamais enregistrée.
The Clash, eux, montrent tout le chemin parcouru depuis leur premier single. Avec « The Guns of Brixton », issu de l’album London Calling, Paul Simonon écrit et chante pour la première fois dans le groupe, sur une rythmique reggae qui documente les tensions entre la police et la communauté noire de Brixton, deux ans avant les émeutes de 1981. L’album connaît un succès international et installe définitivement le groupe parmi les figures majeures de la musique britannique.
Au même moment, John Lydon, l’ancien chanteur des Sex Pistols, tourne le dos au Punk qu’il a contribué à créer et fonde Public Image Ltd. Avec « Public Image », il ouvre la voie à un genre qui va porter un nom propre : le Post Punk, plus expérimental, plus sombre, qui infuse déjà Joy Division à Manchester ou Wire à Londres.
Note des rédacteurs:
Les pochettes ne sont pas un simple habillage technique. Dans le Punk, la « sleeve » d’un single ou d’un album fait autant partie du geste que la musique elle-même. Le photocopiage sauvage de Jamie Reid pour les Sex Pistols, les collages de lettres découpées dans la presse façon lettre anonyme, les fanzines tirés à la ronéo, chaque pochette est un manifeste visuel au même titre que le morceau qu’elle protège. Si vous écoutez cet épisode dans une application de podcast qui gère les chapitres, comme Apple Podcasts, chaque titre de « No Future » affiche sa propre pochette au fil de l’écoute. L’auditeur n’entend pas seulement l’histoire du Punk, il la voit défiler, titre après titre, telle qu’elle a été pensée et imprimée à l’époque.
Tracklist
25. Public Image Ltd. — « Public Image » (1978)
26. The Rezillos — « Top Of The Pops » (1978)
27. Rich Kids — « Rich Kids » (1978)
28. The Saints — « This Perfect Day » (1978)
29. Sham 69 — « If the Kids Are United » (1978)
30. Siouxsie & The Banshees — « Hong Kong Garden » (1978)
31. Stiff Little Fingers — « Alternative Ulster » (1978)
32. The Undertones — « Teenage Kicks » (1978)
33. 999 — « Homicide » (1978)
34. The Clash — « The Guns Of Brixton » (1979)
35. The Damned — « Love Song » (1979)
36. The Dickies — « Banana Splits » (1979)
37. Dr. Feelgood — « Milk And Alcohol » (1979)
38. The Flying Lizards — « Money » (1979)
39. Generation X — « King Rocker » (1979)
40. Generation X — « Valley Of The Dolls » (1979)
41. The Jam — « Private Hell » (1979)
42. Joy Division — « Transmission » (1979)
43. The Members — « The Sound of the Suburbs » (1979)
44. The Raincoats — « Fairytale in the Supermarket » (1979)
45. Ruts — « Babylon’s Burning » (1979)
46. Ruts — « Something That I Said » (1979)
47. Skids — « Into the Valley » (1979)
48. Skids — « Working For The Yankee Dollar » (1979)
49. Specials — « Concrete Jungle » (1979)
50. Stiff Little Fingers — « Barbed Wire Love » (1979)
The Dickies – Banana Splits (1979) – Dos Pochette 45T
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