Le clin d'œil du jour

21 août, anniversaire de Strange Days

today21.08.2026 5

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Il y a 59 ans, les Doors enregistrent Strange Days

Il y a 59 ans, le 21 août 1967, les Doors entrent en studio pour enregistrer leur second album, Strange Days, aux studios Sunset Sound de Hollywood.

Un groupe déjà au sommet

Formé à Los Angeles en 1965 autour de Jim Morrison, Ray Manzarek, Robby Krieger et John Densmore, le groupe publie son premier album éponyme, The Doors, le 4 janvier 1967. Porté par le single « Light My Fire », numéro un aux États-Unis, le disque reste 122 semaines au classement, dont plus de dix mois consécutifs dans le top 10. C’est dans l’ombre de ce succès que les Doors doivent enregistrer la suite.

Huit pistes et un Moog pour la première fois

Les séances se déroulent sous la direction du producteur Paul A. Rothchild et de l’ingénieur du son Bruce Botnick, qui utilisent l’une des toutes premières machines huit pistes commercialisées, louée à l’ingénieur Wally Heider. Le changement est radical par rapport au premier album, enregistré en quatre jours et demi sur trois pistes seulement : Strange Days prend, lui, deux semaines et demie.

Sur le morceau-titre, le musicien de session Paul Beaver apporte l’un des tout premiers synthétiseurs Moog utilisés sur un disque de rock. Bruce Botnick fait passer la voix de Jim Morrison à travers l’instrument, chaque note jouée au clavier transforme le timbre du chanteur, avant qu’un délai et un écho répété à l’infini sur bande ne l’étirent encore. Le résultat ouvre l’album sur une sensation de flottement, une voix presque désincarnée.

Deux singles, une troisième place

Strange Days sort le mois suivant, le 25 septembre 1967, chez Elektra Records. La pochette, elle, ne montre pas le groupe : Jim Morrison refuse la séance photo, et le photographe Joel Brodsky réunit à la place une troupe de saltimbanques dans une ruelle de Manhattan.

L’album contient deux singles classés dans le top 30 du Billboard Hot 100, « People Are Strange », douzième, et « Love Me Two Times », vingt-cinquième. Il entre à la troisième place du Billboard 200, où il reste 63 semaines, mais reste dans l’ombre du premier disque, encore classé au même moment.

Le producteur Paul Rothchild, pourtant convaincu de tenir leur meilleur album, reconnaît des années plus tard l’échec commercial relatif du disque : « The record died on us. » Jim Morrison lui-même le considérera plus tard comme le meilleur album du groupe.

Sur Radiophare, on trouve à cet album une noirceur plus assumée que sur le premier, peut-être parce que le groupe n’avait plus rien à prouver.

Une reconnaissance tardive

Strange Days obtient d’abord un disque d’or, puis, 34 ans plus tard, la certification Platine de la RIAA.

Photo © Joel Brodsky pour la couverture de l’album Strange Days (1967)

Source : Ultimate Classic Rock, « How the Doors Stumbled Into ‘Strange Days’ », 2022.

Écrit par: Olivier AHR

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