Artistes, saviez vous que la plus grande collection de pigments naturels se trouve à Harvard ?
La collection Forbes de pigments naturels du Harvard Art Museum compte plus de 2700 échantillons conservés dans des flacons de verre et présentés dans les vitrines du musée.
Constituée au tournant du XXème siècle par Edward Forbes, alors directeur du Fogg Art Museum, elle est depuis lors très utilisée.
Sa vocation est double. Scientifiques et historiens de l’art y ont recours d’une part pour vérifier l’authenticité de tableaux mis aux enchères et d’autre pour identifier la composition chimique de couleurs anciennes afin de mieux préserver les œuvres pour les générations futures.
Trois pigments illustrent particulièrement l’étendue et la singularité de la collection:
Le vert émeraude, composé de poudre cristalline d’acéto-arsénite de cuivre, donne une couleur splendide mais est chimiquement dangereuse. Ses émanations à base d’arsenic ont intoxiqué des peintres tout en repoussant tous les insectes. Van Gogh l’a utilisé pour son autoportrait de 1888 dédié à Paul Gauguin (à voir ici sur Wikipedia)
Le pigment dit « momie » tire son nom de la résine ayant servi à sceller les bandelettes funéraires égyptiennes. Si sa teinte beige grisâtre est assez ordinaire, son origine elle est hors norme.
Le jaune indien est quand à lui très « particulier ». Il est issu de l’urine séchée de vaches nourries exclusivement de feuilles de manguier. Utilisé en Asie du Sud puis en Europe après la colonisation britannique, il a depuis été interdit afin de préserver le bien-être de ces ruminants…
D’autres pigments de la collection sont toxiques car à base de mercure, de cadmium ou d’arsenic et ne peuvent être manipulés sans précaution.
Une collection aussi belle à regarder que dangereuse à toucher !
Une courte interview passionnante (2″34) du Conservateur du musée ici
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